L’autostop est-il mort et enterré ?

« On voit de moins en moins d’autostoppeurs sur les routes ». Voici ce que me disaient les conducteurs de mes premiers kilomètres en stop il y a 12 ans. 12ans plus tard c’est toujours la même phrase que j’entends sauf que je constate aussi que l’autostoppeur se fait rare. Pourquoi?

La pratique naît en France dans les années 60/70, l’automobile se développe et la possibilité de voyager plus loin que chez soi aussi. Les gens s’ouvrent et partagent facilement les voitures. La symbolique du pouce viendrai de l’ère Romaine où le pouce était employé dans les arènes de gladiateurs pour sauver la vie des combattants, il avait une connotation très positive. L’autostoppeur se l’appropriera pour avertir les voitures.

Depuis est apparu avec internet les plateformes de covoiturage gratuites puis payantes. La personne qui faisait du stop par souci économique peut maintenant se déplacer à prix modique. À l’inverse du stop le covoiturage fais sortir le passager et le conducteur de l’anonymat avec un système de profil renseigné et vérifié, une certaine garantie de sécurité. On peux voir aussi au travers du covoiturage une manière de mieux planifier son voyage. Aussi ont débarqués les voyages longues distances moins chers qu’une place de cinema voir moins cher qu’une bierre, qui ont aussi sûrement fait cauchemarder la présidence de la SNCF. Je parles des compagnies de bus lowcost qui depuis 2015 ne cessent de proposer des trajets pour une poignée d’euros.

Déjà ces deux phénomènes qui se sont encrés dans les comportements de voyage peuvent expliquer en partie le « On voit de moins en moins d’auto-stoppeurs sur les routes ». Des personnes qui avaient déjà une sensibilité à prendre des auto-stoppeurs vont en amont proposer leurs places de voitures en covoiturage, ils partiront alors voiture pleine avec des covoitureurs ou ne se montreront pas déloyaux en faisant monter un auto-stoppeur si une place est vacante. De plus la sur exposition des faits divers créant la méfiance de l’inconnu peut expliquer qu’il est un peu plus dur d’être pris en stop. C’est valable dans tous les sujets de la vie dès lors qu’il y a une dimension de confiance, elle sera atteinte.

Au fil des ans, je croise pas mal de femmes qui voyagent seules en stop, autant à l’étranger qu’en France. Le phénomène est croissant et je ne saurai expliquer, est-ce  que les jeunes femmes ressentent l’assurance et la liberté de le faire plus qu’à une certaine époque? Une enquête en 2014 sur un panel de 500 personnes rapporte que 55% des voyageurs en tour du monde sont des femmes. Parmi ces voyageurs 37% sont des voyageurs seuls, 18% de femmes et 19% d’hommes (enquête complète sur tourdumondiste). 

Pour ceux qui le pratique continuez à faire du stop,  en soit ce n’est pas son rapport économique ou le côté écologique, ce qui est le plus intéressant ce sont les rencontres et l’aventure qu’il est sûr de vivre, tous les autostoppeurs vous le confirmeront. Passez le pas à deux si vous hésitez, c’est sans doute plus rassurant. Pour ma part d’autres aventures m’attendent encore.

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