Portugal – Olà

IMG_20191121_19320074360 tonnes de sardines par an et par habitants! ça en fait des sardines avalés ici au Portugal. Nous sommes à Porto et pas envie de chercher des sardines il fait trop moche dehors. Par chance Javier notre covoitureur nous dépose à l’auberge près du centre. On est tout de suite fasciné par la déco trés travaillé et artistique sur le thème de l’espace. On y retrouve Valentin un Français qui viens de notre ancienne auberge à Saint Jacques de Compostelle. Il est arrivé la veille et nous fait le topo sur les visites à faire: la plus belle librairie du monde, la promenade le long du Douro pour aller au port de plaisance, le pont de Douro,…, ne prévoyant jamais les visites touristiques, nous prenons note et improviserons le lendemain.

Porto est construit de part et d’autre de son fleuve le « Douro » qui se jette à quelques kilomètres dans l’Atlantique. Les maisons et monuments sont habillés de céramiques, héritage de l’occupation Islamique dans le Portugal d’autrefois.IMG_20191104_120433127_HDR Par moment le vieux funiculaire passe et traîne avec lui les nombreux touristes dans un bruit de mecanique qui grince. Sur le chemin du retour vers notre super auberge nous nous arrêtons dans un snack bar pour demander une « Pastel de Nata ».IMG_20191104_193947662 C’est une tartelette feuilletée remplie d’une crème aux oeufs, simple me direz-vous mais c’est « la » partisserie du pays. Les jours d’après nous rejoignons un groupe pour le Free walking tour (visite guidée gratuite à pied). Il en existe dans chaque grande ville d’Europe voir mondiale, ce sont des agences de guides locaux que vous remunèrez par pourboire selon votre appréciation de la visite, donc pas si gratuite que ça. En moyenne je compte entre 3 et 4 euros de pourboire selon la qualité de la visite. Sans réservation en général, vous n’aurez qu’à chercher sur le net et à vous rendre sur le lieu de rendez-vous. Essayez en France dans les grandes villes comme Lyon, Bordeaux, Nantes,…le point de ralliement est en principe sur une des places principales de la ville.  Nous suivons Pedro notre guide au travers le centre de Porto dans ses récits thématiques de l’histoire moderne, de la culture du pays et aussi ses prises de position qui pimentent et donnent tout son intérêt à notre visite. Ce soir le fleuve est illuminé des lumières des caves de Porto pendant que nous sommes sur le rivage avec Valentin notre ami de l’auberge, nous debriefons de nos journées et parlons de nos passions autour d’un verre.

Cet après midi le train se dirige à Aveiro à une centaine de kilomètres au sud de Porto. Assis dans le wagon nous piquons du nez. Il faut dire que chaque nuit de nouveaux voyageurs debarquaient dans notre dortoir à l’auberge quand nous dormions, des voyageurs à l’arrivée plus ou moins discrete. IMG_20191107_105643216Aveiro est une ville bati sur une lagune, elle est connue pour ses canaux où naviguent les Moliceiros, des barques qui autrefois chariaient de l’engrais marine et qui de nos jours se sont recyclés en transport de touristes depuis l’utilisation des engrais chimique. On s’y promènera 2 jours: Ancienne fabrique de céramique, canaux et jolies barques, promenade dans la lagune et petit tour dans la bibliothèque municipale comme j’adore. Un an et demi en arrière à Belgrade j’avais rejoins un programme de 7 jours mis en place par « Agora » une association d’Aveiro. Nous étions un groupe d’une quinzaine de jeunes Européens venus pour s’informer de la situation actuelle de la route des migrants et nous avions réalisés des actions anti discriminations. Étant à Aveiro comment ne pas visiter les locaux de Agora. Au bout de l’escalier une coordinatrice présente nous accueille avec sympathie et nous explique que l’association continue à être active dans la ville sur l’inclusion sociale, sur la lutte contre les discriminations, sur l’accès à la culture et bien d’autres thématiques. Sur son ordinateur elle nous montre le dernier projet de l’association: un livre recueil sur les témoignages de migrants et d’anciens migrants illustrés par des artistes locaux. Je trouve le projet génial et me replonge à Belgrade où j’ai pris part à ce type d’actions très engagés. La journée se termine dans un café galerie avec mon amie Jessicá qui habite la ville et que j’avais rencontré à Belgrade avec Agora. Nous parlons des sujets qui nous animent tel que l’activisme et l’art. J’entends souvent dire que seuls les montagnes ne se rencontrent pas. C’est vrai, plus je voyage et plus les distances se reduisent, c’est le cas au travers certaine amitiés, Jessicà en est l’illustration.

Quelle joie de voir le soleil, la pluie s’est enfin lassé de tomber à Nazaré. IMG_20191108_155819824C’est une bourgade de pêcheurs dont vous avez peut-être déjà entendu le nom. Elle est à 1 heure et demi de bus de Aveiro. Les vagues y sont folles, démesurément grandes et dangereuses. Ce lieu est aussi la Mecque des surfeurs, des vagues jusqu’à 30 métres ont déja été enregistrés et on comprend pourquoi. Aujourd’hui est un jour calme sans tempête et déja les vagues font en moyenne deux mètres de haut. Un canyon sous marin de 5 kilométres de profondeur à quelques mètres de la plage exacerbe la puissance des vagues. Je joue avec l’écume et Antoine me prends en photo. Nous avons les pieds à peine dans l’eau qu’un garde côte en quad nous interpellent pour ne pas que l’on se baigne.

L’heure est au déjeuner. Hors de la plage nous comparons les prix des restaurants, les prix sont execifs pour le Portugal. IMG_20191108_120025034On ferra un tour au marché couvert pour prendre du pain, nous y croiserons Marie Jo et son mari, des retraites français qui passent leur vie entre France, Portugal et Maroc en camping car. Marie Jo me donne sa recette de sardine mariné au vinaigre, produits locaux oblige. Finalement on mangera une soupe et un Bacalahau un plat de poisson emblématique du Portugal qui peux se décliner de 1000 façons.

Nazaré est dans notre dos dorénavant mais la banlieue de Lisbonne se profile au travers la vitre du bus. Arrivés dans la capitale nous aurons à marcher un bon moment pour rejoindre l’auberge. En même temps on découvre le street art de la ville, ses immeubles d’affaire, son architecture, sa bourgeoisie et sa pauvreté. Lisbonne semble plus populaire que Porto mais aussi plus vivante. IMG_20191110_161338624Elle est d’ailleurs la capitale la moins chère d’Europe sur le plan touristique, je ne dirais pas qu’elle est la moins chère pour y vivre avec le pouvoir d’achat d’un local d’autant plus que le tourisme et la spéculation augmentent les prix. Dans le passé le Portugal était le pays le plus pauvre d’Europe à cause de mauvais choix politiques mais depuis l’entrée du pays dans l’UE les choses se sont améliorés et le pays connaît un boom touristique depuis que Ryanair a ouvert des liaisons aeraunotiques régulières.

IMG_20191110_220042076Dans le couloir étroit du « Mulberies tree hostel » nous zigzagons entre les valises et sacs à dos chargés, le réceptionniste nous indique nos lits et nous présente les espaces communs. Il y a deux couloirs: un pour la chambre de 33 lits et l’autre pour la cuisine, de part et d’autre se trouve la réception et la salle de bain. On a jamais vu un lieu si rempli dans un espace si réduit. Les lits sont dans des minis canines empilées sur 3 niveaux et la cuisine tout juste large pour 4 personnes. À notre surprise on était pas si mal installés dans ces petites cages à poules. L’endroit est si étriqué que les liens se font vite et l’ambiance bonne. L’auberge est majoritairement occupé de travailleurs immigrés: Brésiliens, Français, Angolais, Australien,…des gens pour qui les loyers de la capitale sont innabordables. Ce cas de figure n’est pas une exception en Europe, l’auberge représente une alternative économique.

Eloignez vous du centre ville de la ville de Lisbonne car les vrais trésors sont ailleurs. Dirigez vous vers LX factory à environ 4 km, c’est un ancien site industriel abandoné et réhabilité qui me fait penser en plus petit à l’ancienne caserne militaire de Bordeaux devenu un ecoquartier sous le nom de « Darwin ». IMG_20191111_133756998_HDRVous y trouverez des espaces de co-working, une auberge, une boite de nuit, des magasins de fringues, des bars-restos, une librairie, le tout baignant dans un bon vieux jus street art d’artistes talentueux. IMG_20191111_181334263Le lieux est visitable et vous pourrez vous faufiler partout ou presque, même les toilettes dans certains bâtiments valent le coup d’oeil. Soyons clair c’est un endroit très hipster bobo et qui peut revenir cher si vous craquez pour boire un coup, manger et autre plaisir car les prix ressemblent aux prix pratiqués en france.

Sortez de LX Factory et longez le Tage, c’est le fleuve de Lisbonne, il draine l’air pollué de la ville et vos petits poumons le remercierons. Vous aurez une vue dégagée sur l’autre rive du fleuve jusqu’à arriver à la tour Belèm.  IMG_20191111_162659071Construite vers 1500  elle gardait l’entrée du port de Lisbonne, c’est plutôt insolite de voir une tour médiévale les pieds dans l’eau de mer et en plus la vue est sympa. Le lendemain sur les conseils de Jerome notre colocataire d’auberge nous nous sommes promenés dans le « Bairro padre Cruz », c’est un quartier d’ouvriers où s’est tenu un festival de street art. Depuis chaque tour d’immeuble arbore une fresque gigantesque. Deux bonnes heures sont necessaires le temps de déambuler, d’admirer, d’être ébahi ou bien de sortir du coeur du quartier pour aller dans les rues adjacentes où là aussi les maisons modestes et précaires arborent des fresques magnifiques.IMG_20191113_151554152_HDR

Ce matin le temps est venu de prendre le métro pour la gare et d’attraper le bus qui s’en va à Séville. Le chemin continu en Espagne mais pour la nuit seulement car nous devons être au Maroc demain soir, là bas nous attend notre association à Oujda.