Maroc – Salam alikum

A Oujda le commerce de proximité repose sur l’âne

Mais où sommes nous? Le fairy a accosté dans un port au milieu de nulle part. Ici c’est Tanger Med, un port excentré à 50km de Tanger. Nous n’en savions rien. En prenant nos billets nous n’avions pas vus qu’il existait deux destinations pour Tanger. Nous nous posterons sur le bord de la route hors du port pour attendre le bus. Au travers la vitre la vue du port s’éloigne ainsi que la vue sur les côtes Espagnoles au panorama magnifique. Le bus est rempli d’hommes, sûrement des travailleurs qui rentrent chez eux. Nous nous enfonçons dans un paysage de plus en plus urbain, l’odeur de la ville et le trafic de véhicule s’intensifie. Ne sachant pas où descendre nous surveillons les mouvements des autres passagers. Le bus s’arrête et bon nombre de ses occupants descendent, nous supposons que c’est le centre de Tanger et suivons le mouvement. Devant nous la gare de Tanger se dresse aussi classe qu’un hôtel de standing. A deux pas de là le centre commercial de Tanger lui aussi flambant neuf à l’intérieur étincelant et remplie des plus grosses marques du marché mondial. Ce n’est pas tout à fait l’image que l’on avait du Maroc…allons…il faut se défaire des idées préconçus et se laisser guider par les découvertes. Plus tard dans la médina on comprendra qu’il existe un Tanger pour immigrés européens et Marocains aisés et le reste de la ville plus populaire et plus traditionnel.

La médina est un dédale de rues colorés en enfilade. En son seing se trouve des ateliers de menuiserie, des coiffeurs et tailleurs de barbe, des boulangers de pains ronds et plats, des grands mères qui vendent de la menthe et parfois s’endorment dans le bruit incessant du marché, des chiens qui prennent le soleil allongés, des étales de poissons, des bouchers qui s’énervent, des rabatteurs qui vous observent, des hommes qui boivent le thé…toute une agitation déroutante et captivante. 

Le train pour Oujda dessine un trajet le long des côtes, il s’enfonce ensuite dans la lagune, puis dans les terres où défilent à la vitesse du train les maisons abîmés et le bétail autour. La présence des déchets dans le paysage ne sortiront pas de notre champ de vision pendant de long kilomètres, mais les paysages sont nouveaux pour nous et de toute beauté. Il est 23 heures 30, nous avons 1 heure et demi de retard. Hamouda est pourtant là à la gare et nous attends. Pas besoin de pancarte il nous reconnais tout de suite parmi les Marocains. Hamouda est le directeur du centre En Nasr où nous serons volontaires pour 3 semaines. Dans le taxi je lui demande à quelle heure nous commençons le lendemain? « d’abord le thé » me répond t-il… »Il faut apprendre la patience ».

Margaux en soutien

Le lendemain nous rencontrons les autres volontaires qui sont au nombre de 10. Nous connaissons déja Emma et Clara, nous avions fait connaissance la veille. Nous partageons le logement à 5 au sous sol du centre. Il sert aussi de lieu de pause, de bureau pour Hamouda, de pause pipi, à planifier les animations…Le centre En nasr est un lieu pour les femmes et les enfants. L’équipe en place avec les volontaires en service civique Français mettent en place des séances de sport, du soutien scolaire ou bien des activités récréatives comme le dessin, l’expression corporelle,…Notre présence aussi courte soit-elle complétera l’équipe sur certains besoins. Déjà une semaine et nous observons plusieurs phénomènes: des jours où il les bénéficiaires seront peu, le mercredi où ils sont archi nombreux, d’autres jours où les non inscrits viendrons remplacer ceux pourtant inscrits et attendus…beaucoup de facteurs influent sur ces phénomènes et nous n’avons pas moyen d’agir dessus pour stabiliser les activités. Les volontaires déjà présents découvrent ou ré-apprennent l’adaptabilité autant que nous.

Le marché du quartier

La vie en collectivité se poursuit avec le groupe, depuis le départ elle est des plus agréable. Nous faisons les courses, cuisinons ensemble et pour tous, prévoyons les animations en équipe, fêtons les anniversaires,…Dès la première semaine de notre arrivé nous avions été invités chez Djamilla une salarié du centre et une maman toujours aux petits soins, où nous avons goutté le Barkoukech pour la première fois, un délice!

Vivement le vendredi, dans chaque famille c’est couscous. Chacun pique dans le plat commun

En fin de semaine après les activités du centre les filles ont voulu aller au hammam. Après hésitation je me suis ajouté au groupe, je ne regrette en rien. Oubliez la cabine bardé de lattes de bois à l’ambiance sèche. C’est une sorte de douche publique pour 10 Diram (environ 1 euro). Dans celle de Oujda vous entrez nue ou en culotte dans une immense pièce voûté, vous avancez dans la buée, trouvez une place pour vous asperger d’eau chaude et vous frotter. La tradition du Hammam se fait avec du savon noir et un gant rèche comme du crin qui vous exfolie. Les femmes sont nues et contraste avec leur habits qu’elles portent dehors qui brouillent toute formes corporelles. Nous en sommes toutes ressorties détendues et polies comme des pierres.

Dans la chaleur humide du hammam on se frotte le dos entre voisines

La semaine suivante au centre bât son plein avec la même inconstance dans les activités avec les enfants, mais les volontaires essayent tous d’aménager les animations et les temps au mieux. Un voyage se prépare. Merzouga est dans le Sahara, c’est Hamouda qui organise les réservations pour les salariés et les volontaires du centre. Puisque nous sommes là nous serons aussi du voyage. Nous y voila après 8 heures de trajet depuis Oujda, nous irons faire une première visite près de l’oasis de Erfoun où se trouve une ancienne nappe phréatique asséché qui fût intensément utilisé par le passé pour les besoins agricole et domestique.

pausé thé dans un abri en terre à Erfoun

Après un premier contact assez magique avec le sable fin et la terre aride, notre mini bus nous emmènera à Rissani pour visiter la médina. à l’intérieur nous sommes invités à nous asseoir dans un petit magasin de cosmétiques pour y prendre le thé. Le vendeur nous présente quelques produits. Nous nous attarderons sur les descriptions en Français qui nous ferrons beaucoup rire et laisser perplexe sur leur efficacité, à vous de juger ci dessous…

cosmétique miracle de la médina
Rissani, la ville où l’on se fait des amis ( adage Marocains)
L’entrée de la médina
Les étales

Rissani est dans notre dos, les dunes du désert se rapprochent et défilent au travers la vitre. Le bus se faufile dans les rues de Merzouga et stop net à l’entrée du désert. Une petite troupe semble nous attendre, le conducteur du 4×4, les chameliers, à part les dromadaires qui sont assignés à leur place et voyant arriver leur labeur au nombre de 7. Les chameliers attellent les montures, puis le groupe part à travers les dunes rejoindre les tentes pour passer la nuit. Refusant cette attraction touristique je pars avec d’autres rejoindre les tentes avec le 4×4. Chaque passage de dune est aussi mouvementé que dans un manège à la fête foraine du village (j’exagère un peu mais c’est un peu ça hihi).

À un moment nous atteignons le sommet d’une dune, elle est parfaitement immense pour un roulé boulé que nous ne nous priverons pas de faire avec Emma et Clara dans sa pente descendante (une semaine après j’ai encore du sable qui me tombe des cheveux, c’est dire). Le coucher de soleil s’annonce, nous dansons sur la dune au rythme de la musique du 4×4. Le spectacle est beau, j’admire le coucher de soleil qui teinte et ombrage les versants des dunes d’un magnifique orange ocre.

Le Khanfoussa du desert
Coucher de soleil sur les dunes

Les tentes sont là en plein milieu de nulle part, elles sont spacieuses, agencés, avec des lits, des toilettes en dur, parfumés, et surtout loin de l’idée que l’on a d’une tente. Ce soir la splendeur de la voie lactée se dresse au dessus de nos têtes, ses constellations observent nos danses autour du feu, cadencés par les rythmes berbères aux percutions. J’aimerai rester plus et randonner dans les milles dunes qui sont autour de nous mais le séjour s’achève et nous sommes déjà rentrés à Oujda.

les ombres dansantes aux rythmes berbère

L’activité du centre reprend avec ses creux et ses pics de fréquentations ainsi que le jonglage quotidien pour trouver une salle libre, retrouver les inscrits ou encore avoir un nombre raisonnable de participants, mais les enfants et les jeunes femmes apprennent, s’amusent et c’est le principal. Aujourd’hui c’est la journée internationale du volontariat au centre. Dans l’équipe tout le monde a son rôle, je me charge des dessins qui synthétisent les temps forts de la journée et Antoine est facilitateur dans un groupe de réflexion pour la promotion du volontariat.

05.12 journée internationale du volontariat

Dans quelques jours nous quittons les enfants et nos amis, nous continuons notre route à Tbilissi la capitale de la Géorgie.

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