On en parle? Du volontariat

BREFEST, festival sur l’environnement et les traditions au Kosovo – réunion des volontaires

Depuis plusieurs jours nous sommes volontaires dans un centre éducatif et récréationnel pour femmes et enfants à Oujda au Maroc. Aujourd’hui le centre a organisé « la journée du volontariat ». L’idée est de réfléchir individuellement et collectivement à la notion de « volontariat », de quoi parle t-on et d’aborder les différentes thématiques au cours d’un café débat (ses apports, ses dérives, les droits et devoirs, comment le promouvoir et ses valeurs).

Cette journée m’a donné envie de vous parler de ce terme et de témoigner brièvement de mes dernières années d’engagement volontaire.

05.12 journée mondiale du volontariat – centre En Nasr à Oujda

LE VOLONTARIAT :
Juridiquement il n’existe pas de définition, cependant certains contexte comme le service civil volontaire, le volontariat de solidarité internationale,…sont encadrés juridiquement
Ma définition que l’on ne trouve nulle part ailleurs (je précise hihi): Engagement volontaire à court ou long terme qui a un impact direct ou indirect sur la communauté.
Définition du Larousse: Participation volontaire à une action, à une mission. (définition qui mériterai d’être complété)

Mais alors c’est du bénévolat? pas exactement. Le bénévolat n’a pas non plus de définition, mais il est connu comme étant un engagement libre, non salarié, non professionnel ou familial.
Le volontaire a en principe un contrat et une gratification qui n’est pas un salaire.
Ne pas confondre avec l’humanitaire qui est une profession spécialisé intervenant dans un pays dans l’urgence et en crise (ex: intervention des médecins à Haïti suite au tremblement de terre en 2010).

A l’étranger par défaut on utilise beaucoup le terme volontaire même pour parler de bénévolat certainement parce que l’Anglais communément utilisé n’a pas de terme spécifique à part « volunteer » pour spécifier ces deux notions.

Si vous souhaitez vous engagez en France ou à l’étranger, allez sur le site de Francevolontaire qui regorge d’informations afin d’y voir plus clair sur les différentes opportunités existantes car il existe plusieurs statuts et il y a de quoi s’y perdre. Aussi, la mission locale de votre ville saura très bien vous accompagner. Le risque dans la recherche d’une mission de volontariat c’est d’abandonner. Les recherches sont laborieuses, ce n’est pas comme une recherche d’emploi où l’on sait à peu près par quoi commencer. Là tout est nouveau : quel programme pour ce que je veux faire? qui contacter? comment et où candidater?…Le conseiller mission locale sera donc un vrai support, il a l’habitude d’accompagner les jeunes dans ce genre de projet.

Déja bien avant la fac je me disais quand est-ce que je vais vivre à l’étranger? apprendre l’anglais et y travailler? Après la fac j’ai occupé un poste que j’aimais mais mon contrat se terminais à la fin de l’année. J’avais pensé retrouver le même poste mais certaines frustrations générés durant cette période ont exacerbés mes envies de départ à l’étranger. Je n’avais pas envie de passer par un visa travail et de démarrer depuis 0 dans un autre pays. Le volontariat me semblait plus en adéquation alors j’ai entrepris une investigation minutieuse et longue entre VSI, VIE, VNU, Service Civique, …Le VSI (volontariat de solidarité internationale) permettait de travailler dans mon domaine professionnel mais les besoins étaient inexistants à la période recherché. Je me suis rapproché du programme du service civique, qui semblait être une ouverture sur des projets qui sont hors de mon champ de compétences. J’ai candidaté à une offre, passé un entretien, été recruté, participé à une formation de préparation à l’envoi à l’étranger et atterri dans mon association.

BREFEST – Les volontaires préparent le festival (signalétique en récup)
BREFEST – Les volontaires préparent le festival

Gaïa est une association au Kosovo qui est engagé dans l’environnement, qui promeut l’éducation non formelle auprès des minorités Rome et la réconciliation entre les peuples. J’ai durant 10 mois aidé à la gestion et l’animation du centre d’éducation non formelle et ce fût une expérience intense à tout les niveaux. J’ai appris le Serbe, vécue dans le quartier Rome, été en colocation, tissé des liens avec des moines orthodoxes, créé des amitiés sans frontières, rencontré des personnes du monde entier, participé à des conférences, participé à l’organisation des festivals sur l’environnement et les discriminations, géré des chantiers de jeunes internationaux, été en formation,… Tellement riche que les mots ne sont pas assez juste pour résumer. J’ai dernièrement été en contact avec un jeune volontaire qui partait dans cette même association et lui a dis « tu ne sais pas encore à quel point tu es chanceux de ce que tu va vivre ».

Donjeta volontaire locale et super renfort avec les enfants – Imaginatorium, Kosovo
Formation de coordinateur de camp au sanctuaire pour ours – Kuterevo, Croatie

C’est une chance, mais chacun vit son volontariat différemment. Cela dépend de son investissement personnel, des conditions fournis par l’association, de l’intérêt trouvé dans la mission, de l’adhésion aux valeurs, des compréhensions mutuelles, des réalités…Il arrive parfois que cette expérience soit un échec. A l’association nous avions accueilli un volontaire pour 8 mois, ayant une mission avec les enfants du quartier. Ce volontaire est parti 4 jours après être arrivé. Que s’est-il passé? nous n’avions pas vraiment compris mais ce n’était peut-être pas le bon moment, ou la bonne mission, …ect, tellement de facteurs font la pluie et le beau temps sur le vécu de l’expérience. Et puis ce n’est pas rose tout les jours, il y a des moments difficiles aussi où on se sent loin de ses proches, où l’on a trop de responsabilités, où l’on doute de soi, où l’on peux perdre tout intérêt, où la vie en communauté pèse, où notre espace intime nous manque…un vrai ascenseur émotionnel parfois. Personnellement, au travers ces expériences volontaires j’ai intégré le partage et l’engagement, ils font parti de mon quotidien dorénavant. Vivre et collaborer ainsi me permets de trouver de nouvelles inspirations, de faire mon introspective, de nourrir le besoin de me questionner.

Football au centre En Nasr à Oujda, Maroc

Depuis je continu à voyager, je ne voit pas ma vie sans volontariat ou bénévolat, c’est ma manière de continuer à m’instruire, de toucher à tout et de reproduire une vie en communauté. Ma dernière expérience volontaire avant Oujda était cet été à Wambrechies en France dans une communauté Emmaüs. J’ai encadré un groupe de jeunes durant 15 jours venant du Mexique et de Taïwan pour travailler au sein de Emmaüs en collaboration avec les compagnons de la communauté. Il est fascinant de voir chacun découvrir la culture de l’autre et faire tomber les stéréotypes. Depuis mon service civique je collabore avec le SCI de Lille qui est une association d’envoie de volontaires, c’est d’ailleurs grâce à la collaboration qu’ils ont avec le centre En nasr que nous sommes actuellement à Oujda.

« Cette idée de vouloir faire triompher la justice par la violence paraîtra un jour aussi bête et fausse que nous paraît la torture pour savoir la vérité. »

Pierre Ceresole, pacifiste et créateur des objecteurs de conscience

En un temps où la guerre nous paraît loin et la paix acquise en Europe de l’ouest, le volontariat a été créé pendant la guerre pour pacifier les peuples. Continuons à maintenir et renforcer la solidarité, comme moyen d’instruction et de compréhension.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s