Turquie – Merhaba

Ayder, station de montagne, enneigée en ce mois de décembre


Quelle joie de se trouver en Turquie. Non pas que je suis contente de partir de la Géorgie qui me restera en mémoire pour les sommets du Caucase à perte de vue et la sympathie incontestable des rencontres que nous avons faites, mais plutôt que la Turquie était dans mon viseur depuis longtemps. J’ai toujours reporté par manque de temps ou suite à plusieurs événements politique survenus. Nous sommes à Rize ce soir. Sur le chemin nous sommes passés devant des coopératives et des cultures de thé en balcon à flanc de montagne. Effectivement la région est réputé pour sa production de thé et même les feuilles sont misent à l’honneur comme logo sur les habits de certaines personnes et illustrent les différents panneaux publicitaire.

Recueillis par la voisine

Tout droit sorti de la gare de bus, nous sommes à la recherche du quartier de Mustafa notre couchsurfer. Ce sera avec l’aide d’une bonne âme passante que nous réussirons à trouver son immeuble, mais une fois postés devant la porte personne ne répond à nos coups de sonnettes. Pas grave on va l’attendre dans la cage d’escalier. Une voisine descend au même moment avec la surprise comme dessiné sur son visage de voir des squatteurs dans l’escalier. Nous lui demandons si Mustafa vit bien ici. Impossible de se comprendre. Elle nous fait signe de la suivre chez elle, nous fait asseoir et nous met entre les mains un bol de pâtes à la macédoine. Mustafa fit son apparition peu de temps après chez sa voisine revenant tout juste du travail pour nous récupérer. Sa voisine si adorable nous explique qu’il n’est pas coutume de rester indifférents aux gens qui semblent avoir besoin d’aide. Cet episode fut autant improbable qu’agréable, lorsque personne n’aborde l’autre avec méfiance. Des moments comme on les aiment.

Mustafa et sa super voisine comme on en rêvent tous

Le lendemain, sur leurs conseils nous sommes partis nous promener à Ayder. C’est à deux heures de minibus de Rize dans les montagnes où les temperatures sont froides, J’ai même du mal à réchauffer mes doigts et mes orteils sont recroquevillées se battant pour ne pas perdre une once de calorie. On décide de rentrer et de sortir notre bon vieux pousse au bord de la route car en montagne l’occasion est trop belle pour ne pas tenter. 3 voitures plus tard, nous nous éloignons de Ayder a l’arrière d’un pickup, assis sur des ballotins énormes qui semblent être le gagne pain du conducteur.

Retour en stop, casés parfaitement dans un pick-up

Chacun est libre de ses croyances

Le même soir nous rencontrons les amis et collègues professeurs de Mustafa. Les sujets de conversation son nombreux et accompagnés des crêpes que nous leur avons préparés. Un de ses amis nous demande notre religion, nous expliquons que nous sommes athéisme. Lui même qui enseigne la religion à l’école ne comprend pas notre choix et nous pose tout plein de questions pour mieux comprendre. Il ne m’est pas souvent arrivé d’expliquer mon athéisme, probablement parce que qu’en France plus de la moitié de la population l’est, mais avoir cet échange dans un pays à majorité musulmane était riche de compréhension et respectueux.


La Turquie est le seul pays à majorité islamique qui est laïque, où les lois ne suivent pas les préceptes de l’islam. Beaucoup de femmes portent le voile mais beaucoup d’autres ne le portent pas, j’en voient qui pêchent, qui s’habillent sexy, qui travaillent… Sans vivre ici je ne saurais pas dans quelle mesure les femmes sont émancipés et leur représentations. Ce sujet m’intéresse surtout après le Maroc où l’intégration de la femme semblait exister qu’au sein des villes comme à Marrakech. Les femmes ont un rôle important dans le foyer mais embriyonnaire dans la société civile, ce n’est pas une question de religion mais plutôt de culture, car sur ce sujet le Maroc et la Turquie diffèrent malgré la même majorité religieuse. Atatürk le premier président après l’empire Ottoman a voulu que le développement du pays se fasse accompagné des femmes et a promu l’éducation de celles-ci. Erdogan, l’actuel président est dans le contrepied total en méprisant l’éducation et l’intégration des femmes publiquement.

Amassya ou le palais du néon bleu

Amassya troglodyte

Mustafa est sur le perron de la gare avec nous, une dernière accolade et nous prenons notre bus pour Amasya sa ville natale qu’il nous a conseillé de visiter. Nous avons passés de délicieux moments en sa compagnie dont la principale préoccupation était que nous nous sentions comme à la maison.
Le bus longe la côte de la mer noire depuis Rize près de la frontière Géorgienne jusqu’à Samsun. La côte ne présente a mon sens aucune curiosité. Les rivages sont l’espace des navires de pêcheurs, quand ceux-ci disposent d’un espace suffisant épargné par la voie rapide sur berge qui longe tout le long de la moitié du territoire. Peut être qu’au delà la côte ouest du pays présente un réel intérêt, nous n’irons pas puisque nous prenons la direction de la Cappadoce dans le centre du pays. A Amasya les maisons dans la nuits sont superbes, ce sont des constructions anciennes aux poutres apparentes. Puis je me suis dis que ça ressemble un peu à Père-Noël city avec tout ces néons bleus voulant mettre en valeur ce patrimoine mais à mes yeux qui dénature maladroitement leur splendeur.
Amasya est connu également pour ses immenses rochers où des cavités mortuaires on été creusés par l’homme. Le temps de passer une nuit, de croquer notre premier kebap, de crapahuter les hauteurs pour visiter ces fameuses cavités et nous sommes déjà dans le bus en direction de la Cappadoce qui met en impatience notre curiosité.

La fée Cappadoce

Wahou le paysage est unique, rien de comparable ne m’a été donné de voir auparavant. Des Canyons aux milles feuilles de couleurs ocres, recélant des tours taillés par l’érosion, elles ressemblent à des flammèches, certaines d’entre elles portent même un rocher en guise de chapeau, on les appellent des cheminées aux fées.


C’est l’hivers en Turquie. Il n’est peut-être pas rude comme on peut connaitre en Europe mais par moment très venteux, et le vent s’abat sur nous en nous balançant la poussière qu’il a ramassé. En dépit, l’hiver est une bonne saison pour visiter la Cappadoce qui autrement en pleine saison fait son trop plein de touristes, le charme n’aurait pas été le même. Je conseille vivement de ne pas loger à Göreme qui est le centre de la Cappadoce et qui est totalement dénaturé par les agences et publicités pour touristes. Nous passerons quelques nuits à Usçisar qui est à tout près possédant la convivialité d’un village, il est dominé par le château troglodyte en son sommet. Beaucoup parlent Français dans les cinquantenaires, du au commerce de kilim (tapis) dans le passé avec la France, un peu révolu depuis la crise financière.

Vallée de la réserve naturelle de Capadoce

Comme la majorité des Turques ne parlent pas Anglais, de pouvoir communiquer dans notre langue nous aidera quelque peu à engager le contact. Le parc national de Cappadoce est ouvert et il est possible de se promener hors des chemins couramment empruntés. Juste avant d’aller s’y promener nous entrons dans une galerie de céramiques artisanales qui se trouve à la sortie de Usçisar. Nous avons bien fait d’accepter l’invitation à entrer du gars à l’extérieur, nous recevrons des explications et une démonstration du travail de céramique. C’est un travail remarquablement minutieux, seul des personnes d’une patience indiscutable peuvent faire ce magnifique travail. La majorité sont des pièces de vaisselle mais de celles qu’on aurait peur de manger dedans tellement elles sont belles, les clients qui sont présents ce jour-là doivent être assez fortunés au vu des prix pratiqués.

Poterie au tour

Travail de céramique

Après les Alebrije (créatures fantastiques paintent ou brodés aux couleurs flamboyantes) de la ville d’Oaxaca au Mexique, je n’ai plus vu un artisanat aussi minutieux qu’avant la céramique de Usçisar.  La Cappadoce est le centre de l’art de la céramique et de la poterie, déjà pendant le néolithique, travailler l’argile permettait de créer toute sorte de contenants pour la vie domestique, puis avec la création du tour manuel la production et la commercialisation s’est intensifié.
La Cappadoce est une petite réserve mais nous tenterons le stop à quelques reprises, toujours avec succès, nous serons même invités par notre dernier conducteur à prendre le thé dans son restaurant.

De Ankara la bureaucrate à Istanbul l’insolente

Discution autour d’un thé avec Claire sur Guneskoy, son eco village

Depuis hier nous sommes dans la capitale Ankara, elle n’a rien de particulière pour nous, elle rempli sa fonction centrale en siégeant le gouvernement. Durant ce voyage nous inspirons à rencontrer et à participer à des courants de pensées de vie cherchant l’autosuffisance. Après plusieurs échanges, Claire sera notre première rencontre à ce sujet. Elle et des amis ont créés Güneskoy 18ans plus tôt. Cet eco village  qui veut dire village du soleil en Turque est une lieu de maraîchage et aussi un laboratoire d’essai de vie communautaire ainsi que quelques projets pour les jeunes. Nous passerons un moment à méditer dessus. La prochaine rencontre de ce genre se fera dans la région de Goa en Inde dans un lieu de vie construit par ses habitants et volontaires de passage en matériaux venant de la terre.

Balade à la forteresse d’Ankara avec Deniz

Demain c’est le 31, comme prévu nous sommes à Istanbul pour la célébration. Nous avons dit au revoir à Serife et à son mari Basar ce matin à Izmir chez qui nous avons dormis et été initiés au petit déjeuner Turques comme jamais. Nous avons de quoi nous inspirer sur l’hospitalité hors de nos frontières! Ils nous ont ouverts grand leur maison comme on le ferai pour de bons amis, j’espère demain dans le futur pouvoir accueillir d’autres voyageurs à la hauteur de l’hospitalité reçu.

Izmir sous la grisaille

Serife et basar nos hôtes en couchsurfing qui ont préparés le gargantuesque petit déjeuner à la turque, on a pas réussi à tout finir

Ici à Istanbul les gens sont sophistiqués et pressés, nos précédentes rencontres nous avaient prévenus, ici ont retrouve tous les ingrédients d’une grande ville jeune et dynamique. Les bazars sont des galeries de marchands qui possèdent un artisanat des plus raffinés, dans la céramique, dans les étoffes, dans les bijoux, les luminaires,…bref en somme tout ce que le pays produit de mieux. Nous en visiterons quelques uns avec admiration.

Le Nazar boncuk porte bonheur turque contre le mauvais oeil et le daim symbole d’Ankara

En ce qui concerne les monuments, les mosquées sont très visités et l’appel à la prière du muezzin 5 fois par jour chanté mélodieusement comme à travers tout le pays me transporte toujours un peu. Nous en avons déjà vu beaucoup d’extérieur mais nous attendons de visiter l’enceinte de la renommée Ataturk. Antoine s’y rendra très tôt aujourd’hui mais étant en rénovation il vaut mieux passer son chemin. Il est préférable de se perdre dans les rues et de trouver au détour d’une d’entre elles une petite mosquée non touristique qui ne sera pas aussi impressionnante peut-être, mais qui sera plus intimiste et pas moins jolie. Nous retiendrons surtout de la Turquie nos rencontres remarquables et hospitalières, la variété des paysages, le climat social pacifique et la mégalomanie du dirigeant politique.




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